Chenilles, crapauds : pas si inoffensifs...

 

 

La belle saison approche à grands pas et nos compagnons pourront bientôt gambader et profiter de longues balades printanières.

Attention toutefois à ne pas les laisser jouer avec n'importe quoi, et notamment avec certaines "petites bêtes" qui ne sont malheureusement pas aussi inoffensives qu'elles pourraient le paraître...


Les Chenilles processionnaires : véritable danger pour les chiens et chats


Les chenilles processionnaires représentent un véritable danger pour les animaux domestiques.

La curiosité est un bien vilain défaut mais elle anime souvent nos compagnons, ce qui peut mettre en péril leur santé. 

Si les chats se montrent, envers les chenilles processionnaires, plus méfiants que les chiens, ces derniers hésitent moins, par envie de jouer, à non seulement les renifler mais également et surtout – et c’est ce qui est le plus à craindre - tenter de les attraper en gueule.

Ces chenilles (de 35 à 40 mm d’envergure) présentent de nombreux poils urticants, chacun d’entre eux étant relié à une glande produisant un venin. En cas de contact entre votre animal et ces poils urticants, il faut consulter votre vétérinaire de toute urgence.

 

Atteinte de la cavité buccale


Lors d’un contact « rapproché », le symptôme le plus évocateur est une atteinte de la cavité buccale (des troubles oculaires peuvent également être associés). La langue du chien se met à enfler (cela peut prendre plusieurs heures), puis elle se nécrose (ses cellules meurent). Une importante salivation est alors observée. Lorsqu'on ouvre la gueule de l’animal, on peut apercevoir que sa langue (ou une partie) est comme grise et/ou ulcérée. 

C’est une véritable urgence vétérinaire et il ne faut pas perdre une seconde pour consulter. La seule chose que l’on puisse faire, autant que cela soit possible, avant de conduire l’animal à la clinique, est de rincer la gueule à grande eau.

Suivant le diagnostic et les symptômes, le vétérinaire mettra en place un traitement à base, entre autres, d’anti-inflammatoires, antibiotiques, voire de pansements gastriques.

Une mise sous perfusion peut être nécessaire et, suivant le degré d’atteinte, un recours à de la chirurgie.

Si l’on ne se rend pas compte rapidement que le chien ou le chat est atteint, la nécrose peut provoquer la perte de toute ou partie de la langue, ce qui empêche par la suite l’animal de s’alimenter ou de boire. C’est en cela que le diagnostic reste réservé.

Les chenilles processionnaires (Thaumetopoea Pityocampa) sont une forme larvaire d’insecte. Elles doivent leur nom à leur manière de se déplacer au sol lorsqu’elles descendent de leur nid (elles se suivent à la queue leu leu). Les conifères sont leurs arbres de prédilection.

On leur connaît peu de prédateurs. Aussi, si elle sont répandues dans le Sud de la France, il est aussi possible de constater leur présence au Nord de la Loire.

Elles quittent leur habitat dès le mois de mars-avril, parfois même plus tôt du fait du réchauffement climatique ou tout simplement lorsqu’il fait plus doux. Elles descendent au sol afin de s’enterrer dans de petits trous qu’elles creusent où elles tisseront alors un nouveau cocon, passant ensuite du stade de chrysalide à papillon.

 

Même les nids vides sont dangereux


Les nids, dont on peut repérer la présence dans les arbres dès l’hiver, constituent aussi un danger, même vides car ils peuvent renfermer des poils urticants.

 

Comment se débarrasser des chenilles?

 

Un traitement insecticide (au Bt, qui sont des toxines) peut être effectué après la ponte des œufs et l’éclosion de ceux-ci (par temps sec et sans vent). Dans tous les cas, il faut agir avant que les chenilles ne fassent leur nid d’hiver et en dehors de la présence des animaux de la maison que l’on prendra soin alors d’éloigner.

Au sol, il est recommandé de les brûler et de les enterrer, le pouvoir urticant des poils subsistant même après la mort des chenilles.

Attention, il faut se protéger pour procéder au traitement car les humains peuvent aussi être sensibles aux poils urticants (le port de gants, masques, combinaison...est indispensable).

Certaines communes peuvent aider les particuliers dans cette lutte et tout renseignement peut alors être obtenu dans sa commune, généralement auprès de la mairie.

Il existe aussi des « pièges » à chenilles dont certains utilisent des phéromones qui aident à les capturer et permettent de les détruire sans avoir recours à des insecticides (en vente notamment sur Internet).

 

 

Des chenilles dans les chênes également


On parle très souvent des chenilles processionnaires du pin mais il existe également les chenilles processionnaires du chêne (Thaumetopoea processionea) que l’on peut trouver dans ces types d’arbres mais également dans d’autres espèces. Les réactions urticantes dont elles peuvent être à l’origine sont observées de mai à juillet

Depuis le début des années 2000, ces chenilles ont gagné du terrain, gagnant jusqu’à l’Ile-de-France.

Tout aussi dangereuses (ainsi que leurs nids), de couleur gris- argenté, elles se différencient des chenilles processionnaires du pin par leur taille (de 25 à 35 mm au stade adulte), mais aussi par leur manière de se déplacer, non pas en procession, mais en rangs, en plaques, formant ainsi en quelque sorte des « rubans ».

 

 

 

 

Crapauds : l’autre danger

 


Les crapauds sont de plus en plus rares en France et sont une espèce protégée.

Il ne faut donc pas les éliminer, mais faire néanmoins en sorte que votre chien ou votre chat ne cherche pas à s’en approcher.

En effet, leur peau présente des sortes de verrues ainsi que des glandes appelées glandes parotides situées en arrière des yeux.

Ces « organes » sécrètent un venin qui sert au crapaud à se défendre contre les prédateurs et dont la toxicité perdure même si le crapaud est mort.

Ce venin est cardiotoxique (les troubles cardiaques provoqués peuvent être mortels). Il affecte aussi la cavité buccale et l’estomac. Les chiens de petite taille y sont très sensibles. Salivation, vomissement, diarrhée sont les symptômes les plus évocateurs chez l’animal qui a mordu un crapaud (en le prenant dans sa gueule) ou bien qui l'a léché. Ces symptômes peuvent également s’accompagner  de convulsions ou de tremblements .

Il s’agit là encore d’une urgence vétérinaire qui impose de consulter sans attendre.

 

 

VETOPEDIA
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